Les fusions-acquisitions repartent de l’avant

Selon Thomson Reuters, le M&A dans le monde a crû de 4 % en un an, à 1.973 milliards de dollars, après une année 2016 en berne. L’Europe et l’Asie prennent le relais d’un moteur américain au ralenti.

La soif d’acquisitions des grands groupes industriels resurgit en dépit du climat persistant d’incertitudes politiques. Depuis le début de l’année, les transactions ont augmenté de 4 % à 1.973 milliards de dollars au niveau mondial, après une année 2016 en recul, selon les statistiques de Thomson Reuters. L’élection de Donald Trump a certes pu calmer les ambitions d’entreprises aux Etats-Unis, où le M&A est en recul de 11 %, à 733,7 milliards de dollars. Mais ailleurs, les signaux sont au vert.

Retour du Royaume-Uni

L’Europe, en particulier, enregistre un bond de 27 % des fusions-acquisitions sur son sol, à 533 milliards de dollars. Cette dynamique tient notamment aux industriels français (fusion d’Essilor et de Luxottica, rachat de Zodiac par Safran ou de Havas par Vivendi, intégration du groupe Dior dans LVMH, etc), dont le volant d’opérations a doublé en un an, à 57,8 milliards de dollars. Elle résulte aussi du regain d’attractivité des cibles françaises (part d’Artémis dans Fnac-Darty cédée à l’allemand Ceconomy) depuis l’élection présidentielle.

Un phénomène plus inattendu est également venu gonfler les chiffres européens : un an après le vote en faveur du Brexit, la Grande-Bretagne séduit à nouveau les investisseurs . Plus de 115 milliards de dollars d’acquisitions ont été conduites outre-Manche, avec un niveau de transactions en hausse de 31 % sur un an, tiré par la chute de la livre. Les groupes chinois en tirent parti. La Grande-Bretagne est devenue leur deuxième cible préférée (le volume d’opérations y a été multiplié par quatre en un an à 16,6 milliards de dollars).

La Chine se tourne vers l’Asie

L’Asie est l’autre pôle de reprise du M&A dans le monde (+7 %, à 496 milliards de dollars). Depuis janvier, la Chine est devenu le deuxième pays le plus visé par des rachats (272 milliards de dollars) , derrière les Etats-Unis. Et les entreprises chinoises elles-mêmes réinvestissent dans cette zone, délaissée l’an dernier au profit de l’Amérique du Nord et de l’Europe, depuis que le président Xi Jiping veut limiter les opérations purement financières et les sorties de devises loin de sa sphère d’influence directe. Le niveau d’acquisitions sur le continent asiatique émanant de groupes chinois a ainsi bondi de 144 %, à 39 milliards de dollars (contre -67 % en Europe à 25 milliards, et -64 % aux Etats-Unis, à 15 milliards).

Les choix de la Chine pèsent de plus en plus sur le M&A mondial. Alors qu’en dix ans, le volume d’acquisitions d’entreprises américaines a chuté de 40 %, celui des entreprises chinoises a été multiplié par sept, à 318 milliards de dollars. Cette année, la Chine a ainsi supplanté le Royaume-Uni au deuxième rang des pays le plus offensifs en termes de fusions-acquisitions dans le monde, selon Thomson Reuters.
Source : https://www.lesechos.fr/finance-marches/ma/030495797934-les-fusions-acquisitions-repartent-de-lavant-2108051.php#jDao4tc0Jba1OIjv.99